Depuis la fin du mois d’août, la récolte du raisin s’échelonne dans l’ensemble du vignoble français. À l’heure où les vendanges s’achèvent, les premiers bilans s’établissent concernant ce millésime 2019.
Partout en France, le bilan est pratiquement identique sur l’ensemble du vignoble français : un état sanitaire excellent, une baisse des volumes, et un millésime de très belle qualité.

Les vendanges : l’événement viticole générateur d’emplois

Chaque année, de nombreux vendangeurs sont mis à contribution pour les vendanges dans le vignoble français. L’évènement est par ailleurs très attendu, car nombre de postes sont à pourvoir : coupeur, porteur… Les offres d’emploi de vendangeur sont généralement prises d’assaut, car bien que l’effort physique soit conséquent, la bonne humeur et la convivialité sont également au rendez-vous !
La récolte manuelle est encore largement privilégiée, notamment dans les domaines haut de gamme, où la qualité de la vendange est aussi importante que celle du raisin. L’excellence du vin est garantie par un tri drastique des grains réalisé par le vendangeur, et impossible dans le cadre d’une récolte mécanique.

Les influences de la canicule sur les vendanges 2019

Si les fortes chaleurs de cet été ont fait des heureux parmi les vacanciers, l’épisode caniculaire a, une fois encore, mis le monde viticole sous pression. Cette année, les températures ont atteint des records très tôt dans la saison, dès la fin juin. Les conditions météo d’une rare intensité et prolongées ont induit un stress hydrique très précoce sur la vigne. Le manque de pluie depuis le début de la saison a provoqué un retard dans la maturation du raisin. Le manque d’amplitude thermique entre le jour et la nuit a accentué le phénomène. La récolte des raisins a donc été plus tardive qu’en 2018.
Les vignobles du sud de la France ont été les plus impactés par le phénomène aussi intense que précoce : les grains sont de plus petit diamètre et manquent de jus. Avec une perte estimée entre 15 à 30 %, le volume des vendanges 2019 serait l’un des plus faibles de notre pays depuis 1945. Cependant, les vignerons de France sont unanimes sur la qualité du millésime : l’excellent état sanitaire des vignes et la qualité des raisins laissent présager l’excellence de cette cuvée 2019.

Vendanges 2019 : le point région par région

  • Alsace : peu impacté par la canicule, le vignoble a même été un peu plus précoce cette année, notamment concernant la récolte pour les crémants. Les vignerons d’Alsace notent une baisse significative du volume (1 million d’hectolitres contre 1,2 l’année dernière). Cependant, le taux de sucre important des grains laisse présager un millésime d’exception.
  • Ardèche : les volumes vendangés sont légèrement plus faibles que l’an passé. Cependant, les nuits fraîches et les rosées matinales à l’aube des vendanges ont permis aux grains d’arriver à maturation à date prévue, avec une acidité idéale, ainsi qu’un état sanitaire exceptionnel. Comme pour l’Alsace, l’Ardèche prévoit un millésime de très haute qualité.
  • Beaujolais : dans ce vignoble aussi, les vendanges ont démarré précocement. Cependant, les vignerons déplorent également une perte de volume, notamment à cause du gel printanier. Le vignoble du Beaujolais nouveau déplore une perte importante (20 à 50 %) suite à la grêle du 18 août dernier. Le millésime est faible en volume, mais de très belle qualité selon l’interprofession du Beaujolais.
  • Bordelais : en pleine vendange des rouges, les viticulteurs de l’ouest de la France sont confiants, tant sur le volume que sur la qualité. Les rendements sont hétérogènes, en partie à cause des pluies du mois d’août, mais l’état sanitaire se maintient. Le volume vendangé devrait atteindre entre 5 et 5,3 millions d’hectolitres, contre 3,5 en 2017.
  • Bourgogne : malgré des vendanges compliquées, la qualité est au rendez-vous. L’hétérogénéité de la maturation oblige les vignerons à vendanger au cas par cas selon le mûrissement de chaque parcelle.
  • Champagne : le millésime champenois sera moins important en volume, avec un rendement fixé à 10,2 millions d’hectolitres. Malgré la crise d’oïdium, le millésime champenois s’annonce sous bon augure.
  • Charentes : le vignoble charentais a vécu une année particulière, avec une véraison accélérée durant les 4 semaines précédant le ramassage. La récolte a eu lieu à date normale pour la région. Les viticulteurs des Charentes notent une certaine hétérogénéité de récolte, notamment due à l’épisode de gel au printemps, ayant impacté 15 % du vignoble cognaçais. Les volumes sont en adéquation avec les rendements fixés par l’interprofession.
  • Languedoc-Roussillon : le vignoble du sud de la France a été le plus impacté par les phénomènes météo : gel, canicule, et sécheresse ont provoqué une perte importante des volumes à vendanger. L’Hérault est le plus touché, déplorant des pertes de l’ordre de 50 à 80 %. Malgré les maigres récoltes, le millésime s’annonce exceptionnel.
  • Provence : dans le vignoble provençal, les viticulteurs ont également dû faire face à des maturations disparates. Côté volumes, les disparités se confirment, avec des rendements à la hausse ou à la baisse. L’état sanitaire est excellent, et le jus laisse présager d’un millésime Provence 2019 très qualitatif.
  • Val de Loire : avec les gelées de début avril et début mai, les véraisons sont, là encore, très hétérogènes. Les crus ligériens s’annoncent qualitatifs, mais faibles en volumes. Le ramassage du cabernet, plus tardif, est prévu pour cette semaine.
  • Vallée du Rhône : les fortes précipitations avant et après l’épisode caniculaire ont minimisé le déficit hydrique sur le vignoble rhodanien. L’irrigation, autorisée à titre exceptionnel, a permis à la vigne de renouer avec des dates de récoltes en septembre. Malgré des volumes plus faibles, le millésime s’annonce qualitatif.

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