Une nouveauté s’invite dans l’actualité française : le mois sans alcool. Nul doute que l’initiative de plusieurs associations militant contre la consommation d’alcool, aura fort à faire pour inscrire cette ambition parmi les habitudes des Français. Le vin, comme le fromage, fait partie des fondements de ce pays et la France, second producteur de vin au monde, n’est pas vraiment en situation de donner des leçons en matière de consommation d’alcool. Reste à savoir si l’on peut mettre tout le monde dans le même panier et si le vin est vraiment la cible à privilégier dans les problématiques de l’alcool que ce soit en termes de santé ou d’alcool au volant.

Le mois sans alcool | L’idée d’outre-manche

Depuis 2013, les Britanniques ont institué un « Dry January » qui incite leurs concitoyens à se passer d’alcool durant tout le mois de janvier. Cette initiative, si elle est plébiscitée et a une large notoriété rencontre quand même relativement peu de participation, puisqu’on ne dénombrait que 1700 challengers en 2018.
Cependant, parmi eux, 800 personnes ont témoigné des bienfaits qu’ils avaient ressentis lors de cette participation. Ils ont relevé avoir pris conscience de leur consommation d’alcool journalière et ont réduit celle-ci bien au-delà de l’opération.
Cette réduction de la quantité d’alcool dans leur alimentation, leur a ainsi permis d’influer sur leur poids, la qualité de leur sommeil et sur leur concentration et leur énergie. Ils ont également pu constater des bienfaits sur l’aspect de leur peau.
Ces bénéfices ne sont pas anodins et protéger son foie en lui permettant de faire la pause régulièrement est une excellente idée, de l’avis général des addictologues.
Les risques majeurs sur la santé n’apparaissent qu’après une longue exposition à l’alcool et une campagne de sensibilisation et d’information peut permettre aux gens de réduire leur consommation quotidienne. Il ne faut pas oublier que l’alcool représente 49 000 morts par ans !

La consommation d’alcool en France | Le vin est-il en ligne de mire ?

Les Français ont drastiquement abaissé leur consommation d’alcool au fil du temps, passant de 26 litres d’alcool pur/an/habitant dans les années soixante, à un peu moins de 12 litres d’alcool pur en 2017. Cependant, les comportements ont beaucoup changé, la consommation quotidienne ayant considérablement réduit au profit d’une consommation plus festive, mais en grande quantité.
Les plus gros consommateurs d’alcool sont majoritairement des hommes et la tranche d’âge des 18-24 ans est largement représentée. L’intérêt d’un événement comme le mois sans alcool est à évaluer face à une consommation en société, qui peut facilement être évitée pendant un mois, tandis que le grand buveur qui consomme régulièrement de gros volumes aura bien du mal à s’en passer. L’alcool est, dans certains cas, une addiction.
Il faut souhaiter qu’une telle manifestation, si elle venait à être organisée, soit soutenue par une importante campagne d’information, afin d’amener les gens à prendre conscience de la nécessité de réduire les quantités d’alcool ingérées pour une meilleure santé.

Cependant, le gouvernement, n’a pas souhaité soutenir cette opération et Emmanuel Macron, a annoncé au Président du Syndicat des vignerons de Champagne, Maxime Toubart, qu’il n’appuierait pas cette campagne. Ce dernier, a affirmé que les comportements changeaient et qu’il fallait promouvoir la modération et le mieux consommer. Il n’y aura donc pas de Dry January en France en 2020, mais le débat est lancé.