Quelles sont les conséquences du Brexit pour les producteurs de vin ? Le marché britannique est très important à l’échelle du commerce mondial du vin. Le Royaume-Uni est en effet le 2e pays importateur et le 6e pays consommateur de vins au Monde et chaque année, la France y exporte pour plus de 1,10 milliard d’euros de marchandise. Le Brexit aura des retentissements sur les prix et causera probablement une baisse des exportations. Déjà, il entraîne des réactions identitaires et protectionnistes car on peut voir certains pubs et restaurants s’engageant pour les viticulteurs du Royaume-Uni. Si le Brexit ne se solde pas par un accord dans les 2 ans, les importations de vin en provenance de l’Union européenne seront taxées tandis que les produits provenant des autres pays ne le seront pas nécessairement. En attendant de connaître l’issue de ce changement majeur dans l’ordre économique mondial, certains s’organisent.

Le marché britannique du vin : hausse des prix et quotas à l’import ?

Le marché britannique est central, puisque le Royaume-Uni importe et consomme chaque année une grande quantité de vin. L’histoire du vin en Angleterre est intimement liée à la production viticole française, la culture du vin y est fortement ancrée et plus récemment les Anglais sont passés de la passion pour la bière au « Wine’O’Clock » en seulement quelques années.
Pour les producteurs, c’est également un marché de prestige, essentiel notamment pour les grands crus bordelais et les champagnes. Tous les vins français bénéficient finalement du dynamisme de la consommation anglaise.
Un brexit dur ou sans accord aura d’abord des conséquences sur les prix. D’ailleurs les clients britanniques ont déjà anticipé une augmentation des tarifs. D’autres facteurs, bien réels, entrainent déjà une hausse des prix. La Livre d’abord, a subit une baisse de 8 % par rapport à l’euro. Les taxes sur le vin ensuite, sont particulièrement élevées en Angleterre.
Les citoyens britanniques prévoient également des restrictions sur les quantités. Un système de quota serait possiblement mis en place. Certains évoquent un maximum de 9 litres par personne en Duty Free au passage de la frontière européenne.

La France, l’Europe, le Commonwealth et les États-Unis : le vin risque d’échauffer les esprits

En 2016, face à l’annonce du Brexit, la France avait très vite réagi. Le ministre des Finances avait publié un décret assouplissant les règles fiscales sur les stocks de vin en France.
Outre-Manche, le WSTA plaide pour un Brexit adapté. Cette association souhaite un « business as usual ». Sa feuille de route est simple : continuer sans droits de douane européens ni documents administratifs. Mais si aucun accord n’est trouvé, les échanges se feront sous l’égide de l’OMC. Le cadre général des exportations sera de nouveau appliqué et les droits de douane feront leur grand retour.
Les États-Unis ont déjà annoncé qu’ils veulent établir avec l’Angleterre de larges accords de libre-échange. Sachant qu’il s’agit du premier importateur de vin au monde, le vin fera nécessairement l’objet d’accords privilégiés.
Le Commonwealth est toujours de mise et définit le cadre des interactions avec les anciennes colonies britanniques telles que l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Chili ou l’Argentine. Les vins chiliens et australiens notamment sont très présents dans la grande distribution anglaise.

Les habitudes de consommation anglaises et la réaction des producteurs français

Dans les commerces, on observe déjà une diminution des espaces dédiés aux grands vins français. Les Britanniques s’adaptent et semblent se rabattre sur les vins de moyenne qualité. Les distributeurs paraissent également adopter la même stratégie. La réduction de la qualité des vins vendus leur permet de maintenir leurs marges. Une autre réponse est la baisse des quantités avec une nouvelle tendance visant à vendre les produits au verre.
Pour les producteurs français, la situation est contrastée : les fabricants de champagnes seraient les premiers affectés, mais certains grands crus de Bordeaux seraient quant à eux épargnés.
Par exemple, les vins de Chablis ont connu une baisse de 30 % du volume de leurs ventes sur le marché anglais. Cependant il s’agit d’une diminution volontaire, qui vise à restreindre leur dépendance britannique. En contrepartie, ils ont diversifié leurs échanges vers le reste du monde. Une coopérative de Chablis a décidé de réduire volontairement l’export vers les pays d’outre-Manche de 40 à 17 % dans ce but également.
Les vins de Bourgogne ont eux aussi connu une baisse des exportations vers le Royaume-Uni de 10 %. Par contre les vins blancs du Mâconnais ont vu leurs exportations en Angleterre croître de 8 %. Les exportations de vins blancs de la côte chalonnaise ont également augmentées de 24 %.

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